Vous avez dit  » A table ! » ? Les règles de base pour un repas coréen.

Vous avez dit  » A table ! » ? Les règles de base pour un repas coréen.

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Qu’on se le dise, peu importe le pays où vous désirez voyager, il faudra vous habituer une fois sur place aux petites habitudes et aux traditions en vigueur. Et ce sans sourciller, sous peine de passer pour une sorte d’autochtone inadapté dépourvu de toute capacité d’intégration.

Notez qu’à l’étranger ça fait souvent moyen.

Sans toutefois s’étendre sur l’intégralité des points à assimiler et à respecter lors d’un voyage en Corée du Sud, j’ai donc choisi de vous parler ici d’une série de coutumes liées à l’Art de la table, au repas et à la cuisine en général. Parce qu’à moins d’être pourvu d’un organisme hors du commun, il y a forcément un moment durant votre périple, où vous serez dans l’obligation de vous poser pour avaler quelque chose.

Et alors à moins d’avoir lu cet article au préalable (je plaisante) vous risquez d’avoir quelques petites surprises plus ou moins agréables.

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DE MALBOUFFE JE ME PRIVERAIS…

« Aïe ! Vous arrivez à table souriant et affamé. On s’installe rapidement et vous faites le tour des plats posés sur la table… Attendez c’est quoi tous ces bols… Et le machin rouge ?…. Où sont le steak, la salade et les patates sautées ? »

Alors non, ce n’est pas impossible de trouver un hamburger en Corée. Respirez, vous êtes encore au cœur du monde moderne, avec sa profusion de glucides et d’acide gras. Malheureusement, enfin plutôt heureusement pour vos estomacs, traditionnellement un repas coréen c’est un repas santé ! Même si les choses ont évolué depuis, la cuisine coréenne influencée par la religion bouddhiste est très (très) riche en légume. On applique la règle des « 7/3 » à savoir une équivalence entre végétal et animal.
Aussi, si le phénomène du snack saturé en graisse et en truc dont la seule évocation fait prendre du poids n’épargne pas la société, un authentique dîner en Corée est plutôt très sain. Il se compose en principe d’un bol de riz et de soupe individuel, avec une série d’autres petits plats (ou « ban-chan ») que l’on partage avec les convives.

Une petite explication pour y voir plus clair ? Pour marquer tout de suite la distinction, sachez que la cuisine Coréenne est plus légère que la cuisine Chinoise qui utilise friture et aromates, et plus riche que la cuisine Japonaise qui tend vers une sobriété extrême.

En fait, la théorie de base de l’Art culinaire Coréen est celle du « eumyangohaeng ».

De manière plus simple et plus facilement prononçable, c’est le principe philosophique des cinq éléments, à savoir : Le bois, le feu, la terre, le métal et l’eau. Il influe d’abord sur les ingrédients et les garnitures utilisées dans les plats, qui sont en général réparties en cinq couleurs distinctes : Le jaune, le bleu et le noir, avec deux invariants qui sont le blanc (le riz) et le rouge (le chou fermenté, ou Kimchi.)

On notera que ce principe impacte aussi les saveurs des mets coréens que sont donc elles aussi au nombre de cinq : pimentée, salée, acide, sucrée et amère. Comme on picore selon son bon plaisir entre le riz, les ban-chan et la soupe, on crée des associations uniques qui peuvent tout aussi bien flatter le palet que l’agresser.

Ce n’est pas la quantité de choses à ingurgiter qui prime sur la table, mais la qualité des plats proposés !

Ajoutez cela au fait que la tradition du dessert est largement moins développée qu’en Occident et vous constaterez qu’à moins de ne faire aucun effort (c’est possible) vous allez probablement commencer bon gré, mal gré à manger beaucoup plus équilibré !

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LES BAGUETTES J’UTILISERAIS….

« Aie ! Votre hôte vous jette un regard en coin…. Il a pas l’air content…. Est-ce que c’est parce qu’il y a du riz partout ou parce que vos baguettes sont plantés dans votre bol ?… Pourquoi c’est pas comme à Paris aussi… Je peux pas demander une fourchette plutôt ? »

Alors que dire ? D’abord, que ce soit à la maison, au restaurant, entre amis ou entre collègues, il arrive souvent qu’en Asie vous deviez partager la nourriture à partir d’un même plat. La première règle, c’est un peu celle que vous appliquez d’instinct lorsqu’un ami lèche la cuillère avant de la replanter illico dans le Nutella : On ne plante pas ses baguettes tout juste léchouillées dans le repas commun, merci beaucoup.

Petite parade : Attrapez la nourriture avec les bouts larges de vos baguettes, ceux que vous n’êtes pas censé avoir porté à la bouche. Ou utilisez une paire de baguette commune mise à disposition.

Ce n’est pas tout ! Même si les règles peuvent évoluer en fonction du pays et du groupe social, voilà quelques invariables à respecter lorsque vous n’êtes plus en train de manger (vous avez fini ou vous faites une petite pause en somme.)

Vous en avez forcément déjà entendu parler, puisque c’est assez connu. On ne plante pas ses baguettes dans son bol de riz. Oui. Même si ça tient super bien, c’est pratique, ça s’enfonce et tout. Parce que si dans notre univers d’Européens tout le monde sans fiche en théorie, dans la religion bouddhiste c’est ainsi qu’on présente les plats funéraires. De plus, ça évoque furieusement les bâtonnets d’encens utilisés pour les funérailles. Conclusion : C’est offensant et oui, vous allez ruiner l’ambiance à table.

Dans le même genre, on ne passe pas la nourriture de baguette à baguette. C’est impoli. On ne croise surtout pas ses baguettes sur son bol quand on a terminé, mais on les pose en parallèle. Et pour finir, on ne pointe pas quelqu’un avec ses baguettes et on ne les tient pas non plus le poing serré, car c’est considéré comme un geste menaçant.

Une dernière petite chose à propos de ces chers ustensiles : Non, vous n’aurez pas l’air dégoûtant si vous portez le bol près de votre bouche pour avaler votre riz. Il est vrai qu’on pourrait croire avoir l’air d’une sorte de gros monstre préhistorique mais beaucoup d’Asiatiques mangent ainsi. Notamment parce que ça évite au riz de s’éparpiller partout. Donc souriez ! Vous avez l’air expérimenté !

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LES AINÉS JE RESPECTERAIS…

« Aïe ! Vous vous apprêtiez à rejoindre votre famille d’accueil pour dîner et à peine entré dans la salle, vous voyez l’ancien vous jeter un regard assassin… Vous êtes déjà assis (e) et vous avez attaqué le riz, et alors ? Il va pas se mettre en pétard pour ça, si ? »

Si vous ne l’aviez pas encore compris, dans la société asiatique, le respect des anciens est primordial. Et à table, ça ne fait pas exception. Pour éviter l’incident diplomatique et l’étiquette « malpoli et grossier » qui vous sera silencieusement collée dans le dos si vous faites un faux pas, tâchez d’essayer de suivre ces quelques consignes.
Ce n’est pas si contraignant que ça, il faut juste que ça rentre.

En fait, il s’agit juste de penser à l’aîné avant de penser à soi. Par exemple, la place la plus éloignée de l’entrée est considérée comme le meilleur des emplacements. Ne vous précipitez pas dessus comme un sauvage et réservez là pour la personne la plus âgée de votre groupe. De la même façon, attendez que la personne la plus vieille ait commencé son repas pour entamer le vôtre et qu’il se lève de table pour le faire aussi.
Pour finir, si vous finissez votre repas et que vos aînés sont encore en train de déguster le leur, ne poser pas vos couverts sur la table, mais sur les assiettes ou autres contenants (sans les croiser !) Vous pourrez les déposer où bon vous semble une fois qu’ils auront achevés leur dîner.

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PROPRE ET ORDONNÉ JE RESTERAI….

« Aie ! Vous vous êtes sacrément enrhumé(e) en visitant Séoul aujourd’hui. Le vent glacial vous a rendu malade comme un chien… Ni une, ni deux, vous décidez de vous moucher !… Tout le monde vous regarde… Quoi, ils n’aiment pas la trompette en Corée ? »

Finissons avec quelques petits éléments supplémentaires. Pour ce qui est de la PROPRETÉ rien de surprenant, normalement même en tant qu’Européens moyen, vous avez quelques notions de base concernant ce point-ci. Par exemple cracher, baver ou noyer votre frère dans son bol de soupe à table, c’est interdit.

Eh bien même si c’est un peu moins extrême, en Corée c’est un peu la même chose et c’est mieux de s’en souvenir pour éviter quelques épisodes grotesques ou un peu gênant.

En fait c’est assez simple et ça peut se résumer de la sorte : les choses un peu dégoûtantes ou pas très attirantes que vous pouvez faire à table sont tolérées. Mais il faut qu’aucune des autres personnes en train de manger ou converser autour de vous ne s’en rende compte. Ou du moins, qu’elle n’ait pas de mal à faire semblant de ne pas s’en rendre compte.

Donc, on évite les reniflements et les éternuements bruyants et postillonnants. Si vous voulez tousser ou vous moucher, tournez le dos à vos condisciples et masquez votre bouche avec votre main ou un mouchoir. (Non, vous n’essuyez pas votre main sur votre pantalon après. Merci.)

De la même façon, prenez garde aux éléments non consommables. On ne fait pas une pile de coquilles de crustacés à côté de son bol, mais on les dissimule discrètement dans un mouchoir pour éviter de proposer une nature morte un peu spéciale à son voisin de table.

On ne laisse pas de reste de nourriture dans sa cuillère pendant le repas. Et surtout, on ne fait pas son difficile en enlevant ce qu’on aime pas, que ce soit des éléments d’un plat ou une sauce. Le « Bonjour, je voudrais une vinaigrette sans huile, une salade sans feuille et du pain sans mie » il ne marche que chez nous, tenez le-vous pour dit.

On terminera avec la notion D‘ORDRE.

Ce n’est pas bien compliqué, on évite juste que la table ne ressemble à un champ de bataille à la fin du repas.

Donc, on replace ses couverts où ils étaient au début.

Les plats chauds se place à droite, tandis que les plats froids se place à gauche. La cuillère se place à droite elle aussi, avec les baguettes juste derrière. Les ban-chan (plats d’accompagnements on rappelle) doivent rester où ils sont sur la table, c’est-à-dire souvent vers le milieu. Vous ne les prenez pas pour les poser à côté de vous, même si ça à l’air super bon et que vous voulez être certain d’en avoir.

Et en règle générale, on ne saisit pas les plats dans ses mains. Surtout pas les plats qui ne sont pas exclusivement les vôtres.

*

Je concluerai cette courte explication en précisant comme d’habitude que bien sûr, je présente des choses qui sont pour moi considérées comme des généralités. Pour autant, il existe bien sûr des contre-exemples qui pourraient vous montrer que les Coréens mangent avec les doigts parfois, vont au fast-food et ne sont pas toujours aussi pointilleux avec l’étiquette.

Néanmoins, et c’est le résultat de nombreuses conversations avec des expatriés ou des connaissances ayant effectué des voyages au Pays du Matin Calme, sachez que ces traditions très protocolaires sont tout de même bien souvent en vigueur.

Dans le doute et pour éviter une gêne, mieux vaut donc s’y plier sans broncher !

 

Lea – a écrit articles pour Web Journal Tchintcha.


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